Tuto pour réaliser un Timelapse - Alexandre Lachausse

Tutoriel pour réaliser un Timelapse.

Mardi, 26 juin 2018

Théorie et matériel.

Dans ce tutoriel, je vais vous montrer ma manière de procéder pour réaliser une séquence en timelapse… un peu de théorie, de la pratique et le matériel qu'il est nécessaire d'avoir.

Pour les non-initiés, le timelapse est une vidéo accélérée qui se réalise à partir de photos prisent à intervalle régulier. Ce dernier dépend du rendu souhaité, mais également du sujet. Une ville qui grouille sera plus fluide avec un intervalle court, car les mouvements sont incessants, alors qu’un coucher de soleil ou le déplacement d’une ombre aura besoin d’un intervalle plus important si on ne veut pas cumuler des milliers de photos pour rien et avoir une vidéo trop longue. Par exemple pour une séquence urbaine, j’utilise un intervalle de 1 à 3s et pour un paysage je suis entre 3 et 5s, voire 10s ou plus…


Pour ça nous avons besoin d’un intervallomètre externe ou d’un boitier qui dispose de cette fonction. La plupart des boîtiers récents disposent maintenant de cette fonction, sinon il y a aussi une solution gratuite pour les boîtiers Canon qui est Magic Lantern. C’est un micro-logiciel qui s’installe sur la carte mémoire et qui ajoute plein de nouvelles fonctions dont l’intervallomètre.


L’intervallomètre Phottix, équivalent à ceux des constructeurs pour la moitié du prix.

L’intervallomètre Phottix, équivalent à ceux des constructeurs pour la moitié du prix.

Ensuite aussi un accessoire indispensable, le trépied, qui doit être solide et bien stable. Souvent l’appareil et l’objectif que l’on installe dessus coûtent quelques milliers de Frs(CHF)/Euros(€) donc il vaut mieux en investir quelques centaines afin de s’assurer qu’ils soient en sécurité. C’est d’ailleurs un très bon investissement, car un bon trépied se garde à vie donc achetez si possible du solide tout de suite. Evitez le plastique, optez pour de l’alu voire du carbone même si c’est plus cher. On pense faire des économies au début… mais au final en additionnant mes premiers trépieds en plastiques, j’aurai pu me payer directement celui que j’ai aujourd’hui. Après, évidemment, c’est une question de budget et d’utilité, car si vous faites un timelapse par année avec un petit appareil, un trépied basique en plastique peut suffire.


Mon trépied, un Manfrotto 190CXPro avec une rotule ball  057.

Mon trépied, un Manfrotto 190CXPro avec une rotule ball 057.

C’est mieux de shooter en RAW pour pouvoir profiter d’une plus grande latitude au développement et aux prix des disques durs et cartes mémoires aujourd’hui, il n’y a plus d’excuse. Privilégiez des cartes mémoires de bonnes capacités et rapides en écriture, par exemple les SanDisk Extreme voire Extreme Pro.


Mes cartes mémoires CF et SD et un videur de carte SD de 1To.

Mes cartes mémoires CF et SD et un videur de carte SD de 1To.

Le développement se fait avec Lightroom et LRTimelapse, ces deux logiciels sont relativement faciles d’utilisation et très complet. Lightroom permet le catalogage et le développement des fichiers RAW et LRTimelapse permet de synchroniser et lisser notre développement sur toute la séquence et il est gratuit pour des séquences de 400 photos.


L’utilisation de filtre ND (Neutral Density) ou gris neutre, n’est pas une obligation, mais en pleine journée c’est préférable. Comme ça, on allonge un peu le temps de pose afin d’avoir des mouvements légèrement filés et ça permet aussi "d’effacer" le passage des oiseaux, ce qui peut être assez gênant. En fonction de la luminosité, j’utilise un filtre ND 16, 32 ou 64 et je vise environ 0,5 seconde d’obturation. Par exemple des piétons, le trafic ou une rivière sont des sujets qui méritent un temps de pose relativement long pour ne pas avoir un mouvement trop "haché". A vous de faire quelques tests et de voir ce qui vous convient le mieux visuellement.


Tous mes filtres (ND et IR) sont en 77mm et j’utilise des bagues d’adaptations pour certains objectifs.

Tous mes filtres (ND et IR) sont en 77mm et j’utilise des bagues d’adaptations pour certains objectifs.

Je recommande de faire des clips de minimum 10 secondes, donc cela correspond à 240 photos en 24 images par seconde (ips). C’est un bon compromis afin d’avoir assez de matière au montage pour couper, accélérer et réaliser des transitions. Bien sûr on peut réaliser des clips plus longs, mais pour rendre un montage dynamique il faut rarement dépasser les 5 secondes par clip. Après c’est évidemment une question de choix personnel, dans mes premiers montages j’allais souvent au-delà des 5s et même si la musique est peu rythmée je trouve que ça manque de dynamisme et on perd vite de l’intérêt. Aujourd’hui, quitte à réduire la durée de mon montage, je préfère garder un peu plus l’attention du spectateur.


Donc en résumé il nous faut :

• Un trépied solide et bien stable.

• Un intervallomètre externe ou un appareil qui dispose de cette fonction.

• Des cartes mémoires de bonnes capacités et rapides en écriture (SanDisk Extreme,…)

• Plusieurs batteries en privilégiant les originales.

• En option, des filtres ND de différentes valeurs.

• Les logiciels Lightroom et LRTimelapse pour développer notre séquence.


La prise de vue

Nous allons voir maintenant la prise de vue. C’est important de bien prendre son temps au début, de bien vérifier ses réglages avant de lancer une séquence car les petites erreurs nous font vite perdre beaucoup de temps. Donc on installe bien notre trépied et on le leste si nécessaire, il faut qu’il soit bien stable.


Mon trépied bien déployé et mis à niveau afin d'être le plus stable possible.

On connecte notre intervallomètre , comme je vous l'ai dit plus haut j'utilise Magic Lantern.

On compose notre image sans oublier que l’on devra recadrer en 16/9 par la suite, donc toujours faire attention à avoir un peu de recul si des éléments sont au bord du cadre en haut et en bas.

On se met en mode manuel, c’est très important car si vous êtes en mode semi-auto (Av, Tv pour Canon et A, S pour Nikon et Sony) ou en full auto (P, A,…), vous laissez votre appareil faire la mesure d’exposition entre chaque photo, ce qui risque de générer des différences trop importantes. C’est ce qu’on appelle du flickering, un scintillement très gênant lors de la lecture du clip. Malheureusement, on ne peut pas vraiment y échapper si on shoote avec des objectifs à diaphragme électronique, car celui-ci n’est pas toujours ultra précis, mais on peut corriger ce défaut en post traitement grâce à LRTimelapse.


Le mode Manuel sur mon boîtier Canon 6D

Le mode Manuel sur mon boîtier Canon 6D

Si vous avez un objectif à diaphragme manuel, comme les Samyang par exemple, vous n’aurez pas ce soucis. Attention tout de même, lors du développement sur Lightroom, si on pousse trop certain curseur, comme la clarté, on peut générer aussi du flickering et celui-ci est difficilement rattrapable sur LRTimelapse.


Le Samyang 14mm f/2.8 à diaphragme manuel.

Le Samyang 14mm f/2.8 à diaphragme manuel.

A présent, je passe en liveview et je mets un filtre ND au besoin. J’affiche l’histogramme afin de bien l’exposer à droite sans brûler mes hautes lumières.


Ici j'ai utilisé un filtre ND32 pour m'approcher des 0,5s de pose.

Ici j'ai utilisé un filtre ND32 pour m'approcher des 0,5s de pose.

On voit ici l’histogramme en bas à droite sur l’affichage de Magic Lantern.

On voit ici l’histogramme en bas à droite sur l’affichage de Magic Lantern.

En fonction du contraste de la scène et de la dynamique de votre capteur, on peut difficilement remonter les ombres sans dégrader l’image, donc il est toujours conseillé d’exposer le plus à droite possible. Sachant cela, il faut adapter nos réglages en cours de prise de vue si la luminosité est changeante, par exemple lors d’un coucher de soleil.

Maintenant nous pouvons finir par faire la mise au point et la débrayer dès que c’est bon. Là aussi ne pas oublier ce détail, car si l’autofocus travaille pendant la prise de vue on aura un effet de "pompage" sur le clip.


On débraye toujours l’autofocus avant la prise de vue.

On débraye toujours l’autofocus avant la prise de vue.

Pour la majorité de mes prises de vue je reste en liveview pour voir l’histogramme, mais s’il n’y a pas trop de changement de luminosité, en pleine journée par exemple, je le quitte afin d’économiser la batterie.

Donc vos réglages d’intervalle, de temps de pose, d’ouverture et de sensibilité sont faits. Voilà, nous sommes prêts pour lancer une première séquence. Sélectionnez le nombre de photos et c’est parti, lancez la prise de vue.


En laissant le liveview je peux visualiser certaines informations, dont l'histogramme. Là par exemple, j'aurais pu allonger le temps de pose pour ajuster mon exposition plus à droite.

En laissant le liveview je peux visualiser certaines informations, dont l'histogramme. Là par exemple, j'aurais pu allonger le temps de pose pour ajuster mon exposition plus à droite.

Le post traitement

Après avoir vidé ma carte mémoire sur mon disque dur dans un dossier précis (ici …/Château de Champvent/1/brut) j’importe ce dossier en le glissant dans la bibliothèque de Lightroom, ensuite j’ouvre LRTimelapse et j’y cherche ce dossier. Il crée directement des fichiers de métadonnées (.xmp) qui vont faire le lien avec Lightroom.


Dès que l’on sélectionne notre dossier  (à gauche), il crée les fichiers .xmp. (barre bleue en haut)

Dès que l’on sélectionne notre dossier (à gauche), il crée les fichiers .xmp. (barre bleue en haut)

Ensuite on crée des images-clé selon la durée de notre séquence et de l’évolution de la lumière. En général j’en utilise que 2, voire 3 ou 4, mais il est possible d’en faire plus si on veut affiner son développement et si notre séquence est longue.


On clique sur le bouton Images-clé Assistant.

On clique sur le bouton Images-clé Assistant.

Une fenêtre s’ouvre où l’on choisit le nombre d’images-clé.

Une fenêtre s’ouvre où l’on choisit le nombre d’images-clé.

Une fois notre nombre d’images-clé choisi, on peut appuyer sur le Holy Grail Assistant si on a eu des changements de réglages à faire lors de notre prise de vue, ici pour moi ce n’était pas le cas donc le bouton est grisé.

Ensuite on peut sauvegarder avec le bouton prévu à cet effet et repasser sur Lightroom. On sélectionne toutes les images de la séquence (Ctrl +A), puis clique-droit > Métadonnées > Lire les métadonnées depuis les fichiers.


De retour sur Lightroom pour lire les métadonnées que nous avons créé dans LRTimelapse, qui contiennent que nos images-clé pour l'instant.

De retour sur Lightroom pour lire les métadonnées que nous avons créé dans LRTimelapse, qui contiennent que nos images-clé pour l'instant.

Maintenant, on passe dans le module de développement et on filtre notre séquence pour faire apparaître seulement les images-clé, il suffit de cliquer sur la 4ème étoile en bas à droite. C'est les seules images que nous allons développer et c'est LRTimelapse qui s'occupera de faire les transitions sur les autres images.

En cliquant sur la 4ème étoile, dans les filtres en bas à droite, je ne vois plus que mes 2 images-clé sur le film fixe (fenêtre du bas qui affiche les miniatures).

En cliquant sur la 4ème étoile, dans les filtres en bas à droite, je ne vois plus que mes 2 images-clé sur le film fixe (fenêtre du bas qui affiche les miniatures).

On applique notre développement sur la première image, sans oublier de ne pas trop tirer sur les curseurs afin de ne pas créer de flickering, puis on va synchroniser l’image suivante avec le script de LRTimelapse, de préférence. (voir image ci-dessous)


Après avoir développé la 1ère image, on sélectionne la suivante, on va dans "Scripts" et on choisit le script de LRTimelapse pour synchroniser.

Après avoir développé la 1ère image, on sélectionne la suivante, on va dans "Scripts" et on choisit le script de LRTimelapse pour synchroniser.

On passe sur la deuxième image et on y applique des modifications au besoin. Si on a une troisième images-clé on synchronise la deuxième à la troisième, puis on reprend le développement sur la troisième et ainsi de suite si on a d’autres images-clé. Une fois notre développement terminé sur toutes nos images-clé, on les sélectionne toutes et on sauvegarde les métadonnées. (Ctrl+A, clique-droit > Métadonnées > Enregistrer les métadonnées…)


Ne pas oublier de sauvegarder les métadonnées avant de repartir dans LRTimelapse.

Ne pas oublier de sauvegarder les métadonnées avant de repartir dans LRTimelapse.

On revient dans LRTimelapse et on clique sur « Recharger », puis « Auto Transition » et « Extraits visuels ».


De retour dans LRTimelapse, cliquez sur les 3 boutons, "Recharger", "Auto Transition" et "Extraits visuels".

De retour dans LRTimelapse, cliquez sur les 3 boutons, "Recharger", "Auto Transition" et "Extraits visuels".

A partir de là il recalcule la séquence, lisse notre développement et les transitions. Mais il reste encore le flickering à éliminer, pour ça on clique sur « Suppr. clign. Visuelle ». Là il faut tester le rendu avec un curseur autour des 20 c’est souvent suffisant, mais si ce n’est pas assez remontez petit à petit.


LRTimelapse en train de recalculer la séquence afin d’éliminer le flickering.

LRTimelapse en train de recalculer la séquence afin d’éliminer le flickering.

Une fois satisfait du résultat on rebascule dans Lightroom, on sélectionne notre séquence entière (Ctrl+A) et on lit les métadonnées. (clique-droit > Métadonnées > Lire les métadonnées…)

Voilà on a plus qu’à exporter en .jpg (non redimensionné) dans un nouveau dossier et ensuite on peut l’utiliser directement dans un logiciel de montage ou passer par After Effects pour créer un clip vidéo.


Voici l'exemple réalisé pour ce tutoriel.

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